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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 06:17

En janvier 2016 - Je recopie les pages d'un carnet Vert

Mardi 22 octobre 1991

Le temps passe, marche à pieds. La saveur étrange des idées s'évapore tandis que je transpire.  Quand je marche, je pense. Je marche vite,  et le temps passe doucement. Voilà. 

La distance qui sépare les deux lycées où je travaille,c'est  le temps que je gagne entre deux heures de cours. j'ai une pause qui  me permet de boire tranquillement un café à la terrasse d'un bar, au bord de la mer. Sur le port.

Si je prends ce carnet, ce n'est pas pour raconter ces petites choses. Non. Je voudrais dire à propos de la marche, une de ces banalités reconnues par tous : marcher aère l'esprit. Je mets de l'ordre dans mes idées, je les range, les organise. J'y vois plus clair, comme on dit. J'enlève le flou et je me comprends mieux. L'attention portée au paysage qui défile, développe ma concentration. Et en même temps, j'ai l'impression de ne penser à rien. En vrai, je pense à tout.

Puis je regarde ma montre, note le temps qui passe, allonge le pas pour en gagner. Petit miracle de la relativité : la distance qui me sépare d'un point à l'autre raccourcit selon la vitesse avec laquelle je les rejoins. Gagner du temps c'est rester jeune.

Forcement, je pense à la nuit passée. J'ai cet âge où l'amour est essentiel. Plus que jamais.

Je me souviens de sa bouche. De l'obscurité. J'ai soif. Je marche. Je suis remplie de sa présence. Nous avons passé la nuit ensemble et je marche seule.

Je pense à tout ça. Par exemple, je pense aux cours de dessin que je dois donner à ce groupe d'adolescentes indifférentes aux arts appliqués, au paysage qui défile, à mes pieds qui me font mal, à la nuit d'amour passée. Ce que j'écris est simple, banal : quand on marche d'un lieu à l'autre, le temps passe sur une distance fixée tandis que notre pensée, elle, circule sur une multitude d'espaces. La saveur étrange des idées s'évapore tandis que je transpire : je marche vite.

A ce moment, ce que j'embrasse n'est qu'un vertige. Hélas, je ne peux pas m'évanouir. Par lequel.

13 novembre 1991

J'aimerai savoir : jusqu'où nous allons ? Et quand on y est : que reste-t-il ? Ou encore : Ai-je un projet de vie ? J'ai 30 ans.

Jusqu'à lors, je n'avais que ça à faire : peindre. Et je ne l'ai pas fait. Trop de temps tue. Dorénavant, je suis coincée par des horaires, un emploi de temps saturé, auquel s'ajoute les contraintes familiales. Une grande préoccupation : « gagner ma vie ». Ce n'est pas comme au loto, je ne joue pas pour gagner. Je travaille. Du coup, je peins avec frénésie dès que j'ai un peu de temps. Le manque de temps est salvateur.

J'aimerai vivre dans une région où il y a beaucoup de campagnes, beaucoup d'arbres. J'aimerai y « faire ma vie ». Et surtout y faire « rien ». Rien que peindre. Ne rien faire ok, mais avec l'allégresse des nuits blanches. Je veux dire seulement peindre et faire l'amour. J'ai compris que ce n'était pas possible. Car pour gagner du temps, il faut en manquer.

14 novembre 1991

J'ai passé ma mauvaise seconde. Vous connaissez l'expression " passer un mauvais quart d'heure "  ? C'est idem en plus court.

Je suis amoureuse, c'est tellement beau que je lui ai dit : « Tout me semble irréel presque imaginaire ». Pour bien décrire la scène, j'étais en train de l'embrasser et ces mots susurrés à l'oreille, glissaient jusqu'au cou et se noyaient dans la chevelure. L' éclat de rire de l'autre m'attrape la hanche. Je veux dire pas là que je comprends qu'il rit de mon aveu. Si cela l'amuse c'est donc qu'il ne m'aime pas autant. Alors il m'attrape par les hanches. Des fois, je ne supporte pas qu'on me touche. Il me faut une véritable ivresse sexuelle pour accepter de tels gestes. La mauvaise seconde. Je n'aime pas vraiment les caresses. En écrivant cela je me dis qu'il faut le vivre pour accepter cette  « invraisemblance ». Je veux dire que je pense être une sensuelle qui n'aime pas les corps à corps. Comprenez que la sensualité peut être mentale.

La chair, c'est une autre histoire. Je suis  à l'aise dans le noir. Le cantique négatif des cantiques.

16 novembre 1991

Ce qui est dedans. Ce qui est dans le corps. Il y a des choses molles. Et il y a l'esprit. Disons-le c'est une drôle de cohabitation : Chair et Esprit.

Par exemple il y a des manifestations doubles évidentes : j'ai peur (esprit) je tremble (corps).

Je l'aime (esprit) j'en jouis (corps). Et une multitude d'exemples que je n'ai pas envie d'écrire tellement c'est nulle de le dire.

Un long râle. Des lèvres qui se frôlent. Les amants. Des baisers. Tumultes joyeux de la sexualité.

Dans l'obscurité (vous le savez, je l'ai écris: je suis plus à l'aise). Pourtant, vous le savez aussi, même dans la nuit, l'éclat de la jouissance éclaire l'endroit où nos corps se donnent. Je veux dire que nos mains ont des yeux. Donc même dans l'obscurité, on voit. Donc même dans l'obscurité, des fois, je suis gênée.

Il est quatre heure du matin.

La journée suivante, toute la journée, j'ai sur ma bouche gravé, un sourire permanent, qu'aucun pourtant ne peut traduire. Mais qui veut dire tout simplement : j'ai aimé toute la nuit.

18 novembre 1991

J'aime bien certain système de fermeture qui consistent après avoir tiré les volets, à enfoncer un crochet dans les petits trous. J'en ai rêvé cette nuit.

J'étais en train de penser à ça, quand l'autre m'a téléphoné pour me dire qu'il ne viendrait pas à notre rdv. « C'est pas grave. ». Mais comment puis-je afficher une telle indifférence alors que dans le fond, j'éprouve une immense déception ?

Tout simplement parce que ce qu'on appelle « l'amour propre » a un sale goût, une aigreur, une amertume qui ne protège surtout pas celui qui l'éprouve.

C'est la dernière fois que j'en abuse. La prochaine, je râle, je pleure je crie.

19 novembre 1991

Qu'est-ce que je peux être bête ! Je me souviens : quand un garçon me plaît, il me fait un tel effet, que je me tortille  comme un ver de terre, avec des yeux qui ne savent pas où se poser. Je parle dans tous les sens, et je pars dans tous les sens aussi, la tête complètement vide, avec une seule obsession : pourvu qu'il ne s'en rende pas compte.

23 novembre 1991

Force est de savoir que douleur est force. J'ai mal dans ma vie. C'est normal. J'ai remarqué autour de moi, plusieurs personnes dans la même situation : c'est générationnel. Donc, le temps tresse ma solitude. Je désespère d'être seule. Car l'autre, celui que j'aime, c'est une histoire sans lendemain. Une de plus dans le long veuvage de ma jeune énergie. Je suis nouée à la liberté, car je suis seule donc libre. Je rêve d'un prince charmant. Etre prisonnière de son amour. Toujours. Et qu'il me le dise. Qu'il me dise : « je t'aime. ». Pour toujours.

Pas de date. Un jour sans nom.

Je suis fatiguée mais je n'arrive pas à dormir. Ce soir je comprends quand il me dit : « Dormir c'est perdre du temps. » Ce soir, je n' ai pas envie de dormir pour profiter de mon temps. Alors bien que cela ne me plaise pas vraiment, je trouve que ma cigarette est une agréable compagnie. Elle  ressemble à l'homme que j'aime : elle disparait quand je la respire. Elle diminue quand je la tète. Elle s'envole en fumée. J'ai la nostalgie de nos vapeurs amoureuses quand je suis seule. Je l'aime. J'ouvre la fenêtre, mon amour. Je chasse la mauvaise odeur de nicotine. En préparant le café au lait qui aura l'âpre effet secondaire de m'écoeurer, je pense au jour qui se lève, au cour duquel tu me diras : « allons chez toi » avec cette arrière pensée que je partage. Pendant que tu conduiras, je glisserai ma tête sous ton pull, le volant de la voiture ne me gênera pas. Alors je t'embrasserai le ventre. A chaque baiser tu éviteras de déraper ou de rater les virages. Nous penserons aux heures suivantes. Nous penserons à la volupté. A la multiplication des petits gestes qui sont comme des petits pains frais, chauds, souples. Alors comme il est difficile de conduire avec une langue plantée dans son nombril, tu me diras : « arrêtes, arrêtes. » et moi je continuerai. Ce sera une de ces fois, où nous nous laissons aller. Car, c'est la meilleure façon d'y arriver. Et toi, tout en hurlant, tout en riant que ce n'est pas le moment, que le volant te gêne, qu'un passant peut passer ou pire qu'on peut nous reconnaître, tout en hurlant, tu continuera à conduire. Car il faut arriver n'est-ce pas ? Car la maison et la chambre, c'est pas très loin. Bien au chaud, dans l'obscurité de ton pull, contre ta peau, je sais que tu nous conduis au meilleur de nous même.

1 décembre 1991

Quelle est la raison qui me fait faire ce que je fais. Ce n'est pas raisonnable m'as-tu dit quand je t'ai proposer de vivre ensemble. Nous sommes trop jeunes. Quelle raison m'oblige à la solitude ? Je voudrais supplier le monde de changer de lumière. Porter les ombres autrement. Qu'elles ne cachent plus ce qui m'attire et me plaît. Une mise en perspective de mes actes. Etre avec l'autre, ensemble pour l'éternité. Bon. C'était bon de l'écrire. Pour ne pas sacrifier ta liberté, tu nous enfermes dans l'obscurité. Il nous faudrait attendre encore des mois et des années pour s'inscrire enfin dans la longue liste des couples enregistrés à l'état civil ? Certainement pas. L'usure nous en éloignera. Dans le fond, je devrais apprécier. Après tout, moi aussi, j'aime la liberté. Je te demande ta main que tu retires aussitôt. Je devrais m'en réjouir. C'est mieux ainsi, n'est-ce pas ?

3 décembre 1991

Comme un aveugle qui aurait les yeux plus grands que le ventre, j'ai eu de l'appétit sans faim. Cette nuit: l'amour avec un bellâtre qui n'est pas l'Autre. Histoire de perdre. Je joue à quitte ou double. Je double donc je perds : c'est pas lui, c'est l'autre que je veux. Vous avez bien compris, par dépit amoureux, je passe une nuit dans les bras d'un beau garçon (du moins...). Un autre. ET dans ces bras inconnus, c'est pas l'appétit qui manquait, c'est le goût.

10 décembre 1991

Oh ! Mon ivresse, ne meurs pas ! Je t'en supplie, retiens-toi !

En écrivant ces quelques mots , je pense à ces phrases si belles, découvertes sur un petit bout de papier, telles une poésie inachevée. Ma fille -cinq ans - a écrit : « - Ne vois-tu pas ce visage enflammé de feu qui te regarde ? - oui je le vois quand le brouillard se lève, ce nuage qui passe. - Regarde ! » Signé: J.

Je ne cesse de lui dire que c'est beau.  Comment le hasard fait bien les choses ! Le feu qui brûle ma passion, mon attente. Et le froid humide d'une époque résolue. Comment les choses s'achèvent ? Ça s'achève, c'est tout. Achever. Quel joli mot. Rien est possible entre nous.

11 décembre 1991

Où vont mes souvenirs ? Tous ces jours, toutes ses heures passées ? Ensembles réunis ? Dans le même sac ? Seront-ils bons à garder ? Bien rangés ? Je ferai semblant de ne pas oublier, je réciterai de temps en temps mes leçons. Des trucs du style répétitif. Avec au bord de mes phrases le fameux : « Je me souviens... » Sauf que le quotidien chasse ce qui a été. Nous donne matière à l'oubli. C'est tellement flagrant, que je me permet d'écrire ces évidences juste par plaisir: chaque jour chasse le précèdent, et avec lui son lot d'événements. Chaque jour : confusion entre ce qui est fini et ce qui est. Ce qui est fini et ce qui va être. A la fin on s'y perd. Confusion. Il faut juste un équilibre. Savoir reconnaître dans tout ça, ce qui continue. Ok. Mais lui ? Que va-t-il devenir dans tout ça ? Lui , c'est l'homme du moment. Celui que j'aime. Reprenons à zéro mes explications car je m'y perds : Où vont donc mes souvenirs ? Je pense qu'ils vont dans mon ventre. Un truc style œsophage vertical. Digestion lente. Ou Indigestion. Il y a des choses qu'il vaut mieux oublier. Je ne comprends pas qu'on puisse se creuser l'estomac à décortiquer son passé, chez les psy ou autres thérapeutes. Ne dit-on pas à propos d'un truc fâcheux: « ça, j'ai eu du mal à l'avaler » ? Est-ce bien la peine de régurgiter ? L'indélicatesse des souvenirs: lorsqu'ils ont le mauvais goût d'être meilleurs que le présent.

13 décembre 1991

A lire avec emphase: Combien de fois encore mêlerons-nous nos salives ? Tandis que d'un geste, tu démêles la mèche où tes doigts coincent. Coincent. Là, je sens un pli à ma anche. Alors je lève mon bras au dessus de la tête, pour que mon corps soit lisse et sans vague : je veux m'offrir à toi en falsifiant mes formes : je me veux sans bourrelets, sans graisse, juste la peau. Critères modernes de la féminité et de la beauté : être lisse. je me veux lisse. Je tire mes formes, j'épile mes poils, je parfume mes aisselles, je lave mes dents. Tandis que ton genou force l'entrée, traverse mes cuisses, s'enduit doucement d'une pellicule mielleuse de plaisir.

C'est vrai. En attrapant ton sexe je dis : « oh ! »

Nous savons si bien nous faire plaisir. Nous aurons du mal, plus tard à oublier ces façons. Ces merveilleuses façons. Du mal à nous excuser vis à vis de la terre entière. Nous nous isolons pour faire ces choses. Pensant aussitôt à la guerre qui se montre, elle. Je me dis que l'ordre des choses devrait être inversée. C'est l'amour qui devrait être visible.

Dans tes bras je perds le sens, je me renverse. Et je gagne l'effervescence de la joie.

15 décembre 1991

Par moment, j'ai envie de descendre. D'enfouir ma tête entre tes cuisses. Mon nez, si j'ose dire en à l'eau à la bouche. Je salive. L'eau et l'odeur.

J'aime pardessus tout cette acidité, ce parfum, cette moiteur. Cette glauque matière. Cette mollesse puis cette dureté.

Il y a, au début cette extrême douceur des cuisses malgré les poils. Il y a aussi cet étrange vertige: je suis allongée, comment puis-je avoir la tête qui tourne ? Sans doute une hypoglycémie, l'émotion.

Et pour couronner le tout, il y a cette … oserai-je l'écrire ?

Par dessus tout, dominant l'impulsion aveuglante qui nous pousse aux actes, il y a l'odeur âcre, quelques traces d'urine, chaudes, évanescentes. Et c'est comme un couronnement, une mise à l'honneur du désir, une épreuve à l'amour : la répulsion contre laquelle se battre, ajoute au sublime, l'ultime jouissance : je n'aime pas l'odeur de l'urine, quand elle se dresse au milieu d'un baiser que j'enfouie sur son sexe. Mais j'aime ce désir si fort, si tenace, si résistant à la répulsion. Alors à cette odeur, je donne tout mon amour, je la taille, je la tranche, je la bois ! Haut le cœur !

Car l'être que j'aime, s'offre à moi dans toute sa vulnérabilité, sa condition d'humain.

Tout va bien. Il fait froid. C'est l'hiver. Ailleurs, c'est la guerre. Dans le golfe. Et moi, c'est par amour et seulement par amour que je pourrais tuer. Car notre petite jouissance, notre petite mort, c'est entre mes cuisses qu'il la trouve. Entre les siennes que je la trouve.

Pendant qu'il joue avec le pistolet de papa, pendant qu'il joue à l'explorateur au fond de mon ventre, moi, je joue avec tout les mots que m'a apprise maman. Je dis « oooh .. » Je dis « ha !».

Oui, nous jouons à papa et maman. Oui, nous jouons à touche pipi.

17 décembre 1991

Il est tard. C'est la nuit. Je t'aime. Et c'est du bon sens que te t'avoir téléphoner pour te le dire. Mais je me suis senti un peu bête. Ce qui n'est pas difficile, avouons-le !

Je raccroche, perds ou gagne ?

19 décembre 1991

Quand est-ce donc cette première fois où nous sommes allés au cinéma ? Je me souviens, je n'avais qu'une idée en tête : poser ma main sur son bras. Je n'ai pas osé. Tous les amoureux remercient le ciel qu'il n'y ait qu'un seul accoudoirs entre deux fauteuils de cinéma : c'est radical ! On se touche, on a pas le choix, si on pose nos bras. Et on le veut bien …

Je n'ai pas vraiment regarder le film, j'ai senti son bras contre le mien. Je n'ai pas regardé le film.

Le noir complet. Son bras contre le mien. A chaque mouvement je me rapproche encore. Et j'exerce une pression qui augmente doucement comme quand on s'abandonne dans les bras de notre mère, en toute confiance. Je cherche cette confiance. Pourtant je tremble de trac et de peur. Peur d'être renvoyée, refusée. Mais non, je sens qu'il est là, lui aussi, sensible à cet accord. Je n'ai pas de recette de l'amour, ni l'extraordinaire chance compte tenue de ma petite enfance, de croire au bonheur. Mais je comprends d'année en année que le bonheur se gagne en additionnant de multiple petites joies. Et là, son bras contre mon bras, c'est un bon début.

20 décembre 1991

La nuit est ténèbres. Le vent fait grincer les volets. Je serai tenter d'hurler à mes voisins que ce tapage nocturne fout en l'air ma tranquillité mais non, j'aime cette compagnie, ce petit bruit régulier qui me dit que je ne suis pas seule. Où est le bonheur ? Je disais : dans les petites joies. Et là après la faste période ennuyeuse qu'est Noël, j'apprécie la solitude. Elle me dit ce que je suis. Elle m'aide à la rêverie. Mes nuits sont rusées, elles attrapent la moindre occasion de me faire plaisir. D'abord, il y a l'amour qu'on fait le plus souvent la nuit. Et il y a le sommeil tellement ouvert à la fuite. Quand je dors, je m'échappe. Pourtant qui n'aime pas dormir ? Moi...

Où l'on parle en dormant. Où l'on pleure en rêvant. Où le crissement de la chaise que tire le voisin du dessus, devient brutalement le pire des dérangements car on est malheureux. Car rien n'est plus triste que la nostalgie du bonheur. Quand on ne l'a jamais connu, et qu'il nous manque comme un être familier. Une mouche sur le mur, comme un point final sur une feuille, une tache. J'allonge mes jambes et je me couche sur le côté. Ma nuit avance à pas de géant. Claquement. Je commence à fatiguer. Insomnie. Je pense à lui, il faut le dire. Je jette des mots d'amour, comme des bouteilles à la mer.

A perpétuité. Je les jette, elle les rejette. La mer. Sur la plage, mes draps... Bon, je vois bien que ma fatigue me fait écrire une pseudo poésie bon marché, aux images usées, usées, usées. ( la répétition c'est pour accentuer les effets).

21 Décembre 1991

« Dis ? Tu la vois l'amoureuse ? Dis ? Tu la vois ? ». Elle a des yeux de merlans frits, et l'amoureux perdu est transis de froid : l'écume glacée des mers du nord lui fait perdre boussole !

« Oui, je la vois: je la vois des fois, quand le brouillard se lève ! »

22 décembre 1991

Il y a un ciel bleu avec de jolies lumières violettes qui s'accrochent sur les nuages, tout en bas vers la terre. Je vois ça à l'instant précis où fermant les volets de la maison, je t'écoute me dire :

« Oh lala … ». Tu es morose et de mauvaise humeur. Alors en fermant les volets, je sens que la maison rétrécit.

30 décembre 1991

Des mois et des mois de rendez-vous discrets. C'est la fin de l'année et la fin de notre histoire. Je suis seule toujours. Vous arrive-t-il de sursauter dans le noir ? Parce que vous avez changé de place votre lit ? C'est terrible de toucher un mur qui ne devrait pas être là. Alors, il faut réaliser que vous avez changé de place votre lit et ce temps dure l'éternité d'une belle frayeur : « c'est quoi ce mur ? Au secours, je suis enfermée dans un truc surréaliste ! C'est un cauchemar. »

2 janvier 1992

Je suis chez le céramiste qui m'engage pour lisser, polir et vernir des petites statuettes qui serviront de trophées lors de la remise des prix sportifs de la ville. On est amis. A peine ai-je terminé le premier, que je le casse. Un incontrôlable fou rire ! Ce n'est pas grave. Dans l'atelier, tout est recouvert d'une fine pellicule de poussière marron. La terre. D'un côté les premières cuissons, de l'autre les pièces encore crues. Les outils. Les pains d'argile. L'atelier jouxte la maison. Et quand je traverse le jardin, je vois à travers la fenêtre le père de mon ami. Il est en train de mourir. Il a un cancer. Une maladie des os qui est en train de le ronger. Il dort, certainement épuisé. Dans la cheminée, le feu. L'atmosphère est chaude, protectrice. Sa tête dépasse de la couverture. Il a le visage creusé, avec des grands yeux qui dévorent son front. Un regard énorme. J'ai l'impression que ses dents sortent de sa bouche tellement elles prennent dorénavant trop de place. Il n'a que la tête qui dépasse de la couverture. C'est à peine si il me voit. Et j'ai hâte de partir malgré le bon café que m'offre sa femme. Je tente quelques inévitables plaisanteries pour chasser le malaise qui m'envahie. La femme et la sœur rient. Je retourne à l'atelier terminer de lisser les trophées sportifs. Tout à coup, il fait froid, j'ai les pieds gelés.

2 janvier 1992 - Soirée

Il faudra un bain d'eau chaude et de vigoureux massages pour retrouver l'usage de mes pieds. J'ai le bout des doigts blancs et insensibles. Chaque fois que je les pose par terre, c'est comme cette sensation de milliers de fourmis... Josiane se moque de moi quand je lui raconte l'histoire des explorateurs des hautes sphères, à qui on a coupé les doigts de pieds gelés. On s'amuse bien.

Tout à coup, elle me dit : « Attends. » Quelques minutes après, elle revient habillée en super nana, jupe courte noire, collant de couleur chair, petit bustier et veste orange très ajustée.

« Voilà, j'ai décidé de m'habiller « sexy » : j'en ai marre, j'ai envie d'être une autre. J'en ai raz le bol du célibat ! Dorénavant, je tente le tout pour le tout.»

Fin d'après midi entre filles. Thé. Chocolat. Fringues.

Elle m'explique ses doutes. Elle tente en vain de se convaincre. Oui ou non, la sexualité est-elle liée à une façon d'être ? Elle pense qu'en étant sexy, elle va libérer ses blocages, ses barrières, ses timidités, ses inquiétudes.

Je lui dis que s'habiller comme ça, c'est pas « sexy », c'est féminin. Elle remarque que je choisie des vêtements basiques, que je porte plus souvent le pantalon que la jupe. Elle remarque que je suis plutôt garçon manqué et s'exclame : pourtant tu sembles tellement à l'aise avec le sexe !

J'éclate de rire en disant que l'habit ne fait pas le moine !

Au final on se fait un plat de pâtes au beurre et on rigole comme des folles jusqu'à pas d'heure.

4 janvier 1992

Mon puzzle me met dans un tel état d'excitation que j'ai du mal à trouver mon calme : 23h → impossible de me dire : vas te coucher !

Il m'a dit : j'aime les passions éphémères.

Je lui ai répondu : je brûle sans toi.

Il m'a dit : Soyons bons amis

J'ai pensé : sans moi.

Il m'a dit : Entre nous ce n'est pas possible.

J'ai dit : On peut essayer...

J'ai pensé : Ok, tournons la page.

Il ne se rend pas compte mais, ça y est : il me tarde qu'il parte. Il me tarde de faire mon puzzle.

Une reproduction du Printemps de Botticelli. Je me régale. Et la maussade médiocrité dans laquelle tu me plonges mon amour, et bien cette maussade humeur je l'oublie aussitôt. Car je ne sais pas pourquoi je me comporte comme si je t'aimais, mais, mais, mais c'est l'autre que j'aime !

Il faut que je m'explique mieux : j'ai deux amants depuis peu. Depuis que le premier m'a fait comprendre que nous ne pourrons jamais vivre ensemble. Alors, je couche avec le second qui croit que je suis amoureuse de lui et m'a fait comprendre qu'on était simplement amant. Pour définir encore mieux la situation, il est à savoir que je suis tellement amoureuse de l'amour, tellement sincère dans le plaisir immédiat que le partenaire se met à prendre des vessies pour des lanternes et s'imagine que je suis transit d'amour. Pour ne pas faillir à cette illusion, je feins l'amour éperdu. Mais je n'en aime qu'un : C'est l'Autre que j'aime. C'est l'Autre. Le premier !

Quand le second s'en va, je suis bien contente. C'est par dépit amoureux que je couche avec lui.

Faute de grives je mange des merles. Ha ha ha !

6 janvier 1992

Le mercure monte, il y a de l'orage dans l'air. Un vilain anti-cyclone bouleverse le climat. Et ce triste brouillard gris, sur la ville, c'est du CO2 que nous respirons, responsables et actifs pollueurs que nous sommes. J'étouffe.

7 janvier 1992

J'ai essayé la fête, j'ai essayé un garçon de passage, j'ai usé mes yeux sur les mille pièces d'un puzzle, j'ai perdu du temps pour essayer d'oublier. Pour combler l'absence de l'homme que j'aime, je joue au puzzle, je prends un amant et je mange du chocolat. Mais voilà, c'est comme ça : quand Il n'est pas là rien ne comble son vide. C'est lui et lui seul que mon cœur aime.

8 janvier 1992

Front. Nez. Bouche. Oreilles. Cou. Épaules. Seins. Bras. Coudes. Mains. Ventre. Nombril. Anches. Cuisses. Genoux. Chevilles. Pieds. Je.

9 janvier 1992

Je sais que tu t'éloignes. Je m'éloigne aussi. Le petit amour, l'enfant avec ses flèches, s'éloigne aussi. Il y a longtemps que nous avons pansé la blessure : elle est guérie. Nous ne nous aimons plus. Du moins plus avec cette ardeur que procure la souffrance.

10 janvier 1992

Dis donc, est-ce possible ? Un tel enthousiasme à l'heure de la fête ? La fête ? À 14h ? Oui oui , c'est la fête quand à l'heure de la sieste, je me glisse contre toi, avec l'enthousiasme silencieux et sensuel d'une femme alanguie. J'ai envie de l'écrire : « ça va être ma fête ! » Ha ! Ha ! Ha !

11 janvier 1992

Dehors il pleut. Il fait gris. Le quartier est silencieux. C'est la guerre à la TV. Pendant que nous déjeunons, le speaker parle de toutes ces folies. Il est question de casques bleus, de macabres abris, de familles qui s'y entassent, de pays où il fait très froids. Et les échos de cette guerres qui ne nous appartient pas, glissent sur le sentiment de paix qui enveloppe cet après midi pluvieux.

On se glisse sous les drap, juste pour faire l'amour. Pas la guerre.

12 janvier 1992

Je te donne une fois encore, la saveur des gestes qui s'oublient. C'est l'euphorie de l'acte sexuel. Les vertiges sombres et magiques. C'est peu de l'écrire. Glissades et mains contre les cuisses. Transpirations et dégoulinantes caresses. Il fait chaud, c'est l'hiver. Perdre trace et pudeur.

Des fois c'est très court, rapide et bref comme la masturbation. Tellement le désir est violent.

Des fois, ça dure toute la nuit. Tellement nous nous aimons dans ces instants. Multipliés.

16 janvier 1992

Nous avons parlé de sexe. Avons joint le geste à la parole. Avons aimé jeudi.

Lundi soir.

Je sais que nous terminons à chaque fois. Que c'est la fin à chaque fois. Que tout nous sépare à chaque fois. Sauf l'amour.

21 janvier 1992

Ma main a une présence. Elle est tellement là . Je parle de la main droite car je suis « droitière ».

Tellement outil. Tellement utile. Elle dessine ma main gauche. Que j'aime aussi.

23 janvier 1992

Ma mère a un manteau en fourrure. C'est triste. Si on prenait soin des animaux comme elle prend soin de son manteau, je serai rassurée.

26 janvier 1992

Je cherche le mot qui en 13 lettres me met ko et me porte bonheur. Je trouve : attouchements. Au pluriel svp. Jeu de main. Touche et gagne.

Mercredi

Quelquefois sur mon carnet, je note juste le jour. Certainement parce que on ne sait pas la date. On sait qu'il est lundi, mardi ou mercredi … les chiffres, c'est moins poétique.

Jeudi

Dans la voiture j'évite à chaque virage de m'envoyer dans le décor. J'ai les yeux virés en haut, fixés au ciel. Il est gris, il est sale. Mon dieu, fais quelque chose. Envoies-nous des anges qui par miracle redonneraient à la terre sa luxuriante fraîcheur. Tout nettoyer. L'homme est contre-nature. Dans la voiture, mon co2 participe activement au désastre. Ciel. Terre. Mer. Je saccage. Mais j'ai vite fait d'oublier ce malheur. Ce qui compte , là, c'est que je sois arrivée au rdv. Je l'ai rejoint, lui, l'homme que j'aime. Et là, je goûte à la relativité du temps. Une heure ensemble. Une heure avec Lui, c'est comme dix minutes qui passent. Trop vite.

31 janvier 1992

La projection horizontale qui me colle à toi, est meilleure lorsque les draps sont frais, le jeudi après midi. Attraction irrésistible et incontrôlable.

J'aime ta bouche lorsqu'elle m'embrasse. J'aime ses heures entières. Si pleines de nous. Et je me demande combien de temps et jusqu'à où, nous irons.

Samedi

La ZAC s'anime. J'entends les moteurs. Les gens accélèrent. Le va et vient des travailleurs et peut-être même des chômeurs. Ceux qui travaillent le samedi, les ouvriers, les vendeurs...

ceux qui travaillent dans les supermarchés, ou à l'usine. Ça rigole pas à la ZAC. Il fait encore nuit : je suis une matinale. J'aime le petit jour. Les premiers instants. J'ouvre les volets et avant d'être saisie par le froid, je regarde un peu le ciel, si doux, si calme avec ses premières lueurs.

Mais très vite mon triste et obsessionnel regard sur la pollution m'écrase. Les fameux seuil de tolérance a été dépassé dans la région de Fos sur Mer, ou on a noté un nombre élevé d'hydrocarbures.

Voilà enfin une information qui confirme mes peurs. Quotidiennement, je constate un glauque brouillard qui se gorge de toutes nos saloperies ( fumées d'usine, de voitures...). Quand l'après midi est là et que le fameux ciel bleu méditerranéen devrait recouvrir jusqu'à l'horizon des collines, et bien une épaisse couverture marron couvre le toit des villes. Il y a du bleu, oui, mais jusqu'à la grisaille. Et puis il y a la terre. On maltraite, on abîme. Je constate régulièrement l'auréole marron qui cerne la ville de Marseille. Du bout de la vallée, je peux imaginer qu'elle couvre en fait toutes la région ?

Lorsque j'arrive de la Ciotat, par l'autoroute, à vitesse modérée, je m'approche d'Aubagne. Et j'ai quelquefois, une soudaine envie de pleurer, tellement il est évident que la vallée où j'habite est masquée d'une auréole, d'un trait marron, de grisaille, de jaune glauque. Je vois le ciel si bleu au dessus. Si sale dessous. Et quand la nuit tombe, tout cela disparaît parce que la nuit , tous le chats sont gris, et qu'on a vite fait de prendre des vessies pour des lanternes. Et qu'on peut croire à des temps meilleurs.

Dimanche 2 février 1992

Nous étoufferons ensemble, dis ? Est-ce que nous manquerons d'air? Asphyxiés, épuisés, dans la glauque atmosphère d'une fin de siècle, une fin d'air, d’ère.

La brume écrase les fumées et j'ai du mal à croire qu'il est normal ce fond de ciel opaque.

Je meurs.

Dimanche 1 mars 1992

Je nage. Et avant de nager dans le bonheur, faute de mieux on peut toujours s'entraîner à nager à la piscine. Je brasse. Brasse coulée, ça va sans dire. Je coule. Puis je mets la tête hors de l'eau.

Dans la vie c'est pareil. Me voici, glissante sur l'eau, c'est un régale. Je m'éloigne d'un bord à l'autre, la tête hors de l'eau. Puis la tête sous l'eau. Mon masque me permet de regarder les corps. Je détaille les cuisse, les fesses, les ventres. Je fais exprès de suivre de près les gens, les autres nageurs. Nous sommes comme des oiseaux dans les hauteurs, planant à grands gestes, glissant sans encombres. Sauf quand il y a du monde. Et nos allées et venues, d'un bord à l'autre, ressemblent à ceux d'une autoroute. Les uns derrières les autres à la queue leu leu. A la limite du ridicule.

Aujourd'hui, c'est tranquille. C'est une piscine couverte. Un globe jaune. Moderne. L'air sature d'humidité et de chlore. Avec nos bonnets et nos lunettes, on ne se ressemble plus. Difficile de se reconnaître. Tous parés pour la grande cavalcade des obsédés de la forme. Cela circule dans tous les sens, mais on a tous choisi celui de la longueur. C'est de règle, on roule à droite, en rang d'oignons, à grandes brassées, nous allons et venons, avec comme seules interruptions quelques pauses pour reprendre notre souffle ou mieux, digérer la tasse. Au fil de l'eau, je mets de l'ordre dans mes pensées. Où sont les signes de son amour. Je pense à lui. Sans nouvelles de sa part, je flotte dans l'indécision. Je ne sais plus quoi faire. Je voudrais réussir à l'oublier. Ignorer son indifférence. Difficile de pleurer quand on a la tête sous l'eau.

C'est fini. Nous ne nous reverrons plus.

9 mars 1992

J'ai oublié les détails d'un rêve. Jamais le mot nébuleuse ne convient aussi bien aux premières lueurs du réveil. Dès que ma conscience me rappelle qui je suis et où je suis, à ce moment là, je sais que j'ai rêvé. Et j'ai presque la sensation d'y être encore (dans mon rêve). Puis tout s'efface en quelques secondes, les minutes estompent le vague souvenir. Et d'un coup, on pense : j'ai oublié mon rêve.

C'est fini.

J'avais l'enfance comme un rêve que l'âge adulte a estompé. On sait qu'on a été enfant, comme on sait qu'on a rêvé. Mais on se souvient de peu de choses comme pour les détails d'un rêve.

L'enfance est un rêve. Chaque jour nous en éloigne et en estompe le souvenir.

18 janvier 2016 - Je déchire les pages. Je les jette. Fin du carnet vert.

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11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 08:27
Exposition du 11 Mars 2016

Être présent dans la vie.

Dessiner tous les jours l'éphéméride, c'est faire comme en 1996, vingt ans après. C'est dessiner tous les matins selon une trame décidée à l'avance. Je suis tellement la même et tellement une autre. C'est très rassurant de recommencer ce qu'on a déjà fait : c'est se montrer à soi-même au delà du temps.

Le temps ? C'est là, c'est ici, et comme disent si bien mes copains Zen, c'est maintenant ! J'ai beau me dire et me redire ce que je viens d'écrire, rien n'y fait, je suis toujours en train de penser à demain, ou au passé. À réviser l'histoire pour en avoir la mémoire. Ou à imaginer le pire pour l'avenir. Et à me rassurer en envisageant une belle humanité qui percerait les catastrophes.

En bref, je panique souvent. Mais l'atelier est le lieu où j'échappe au monde, ai-je pensé plus d'une fois.

Actualité.

2015 est une année de monstruosités, pourtant c'est l'année où peindre des fleurs m'a envahi. Faire des fleurs comme quand on est enfant : une tige et des pétales suffisent.

Une fois installée, l'exposition m'est apparue dans toute sa fraîcheur. Rose. Bleue.

Aux antipodes du ressenti : les idées noires, les moments de déprimes, de colères, les malaises, les angoisses tout ce qui fait ou défait le caractère, n'apparait nul part. Enfin, je crois.

Alors, je comprends aujourd'hui, qu'il est vraiment possible d'échapper au monde et d'être seule,

dans l'atelier, la nuit, quand le jour commence à poindre.

Loin de l'ordinaire des uns, de l'enfer des autres, de l'actualité, de la crise, de la guerre.

Etre dans le réel. Présente au monde. Sans les mots ni les maux. Le matin de bonne heure.

Quand le soleil se lève.

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 10:04

L'Autre

Il pleut. Je vois bien qu’il pleut.

La lumière descend, bleue.

Silencieuse.

Sujette au déclin du jour

Je rêve à l'amour.

Mon époux travaille tard ce soir, c’est comme ça, toujours.

Dans la grande maison. Encore la lumière du jour.

J’attends le rêve bleu qui tourne autour du monde.

Je suis Irma, douce dans l’étrange ronde.

Silencieuse.

Sujette au déclin du jour

Je rêve à l'amour.

Cheveux, lâchés sur mes épaules, en liberté.

Cendrés blancs, ombres portées.

Silencieuse

Métamorphose des rides.

Je rêve à l’amour.

Comprendre, laisser aller la pensée.

Où est la suite, qu’est ce qui vient après ?

Comprendre.

Interroger dans l'attente, ce qui m'a échappé.

Je chercherai ce qui manque, qui disparait.

Savoir où est la suite, qu’est-ce qui vient après.

Tant d’histoires. Les enfants sont nés, ont grandi.

Ce qui est fait, est fait.

J’attends. J'attends mon mari tant aimé.

Il rentre ce soir, c’est comme ça, toujours.

Dans la grande maison. Encore, la lumière du jour.

L'ombre glisse. Je suis l'Autre.

Trop d’errance. Trop d'attente. Empêchent d’exister.

Le temps presse, silencieux.

Je rêve d’amour.

Je l'attends. Je l'attends.

Irma H - Nantes 1897

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10 juillet 2015 5 10 /07 /juillet /2015 05:58
1989 / 2015 Commencer - Recommencer

Pour Art / Luxembourg :

C'est assez rare dans l'histoire de l'art, les peintres qui se peignent eux-même, nus. Ils adorent déshabiller les autres mais ce sont rarement eux qui se déshabillent. Je suis mon propre modèle. sans miroir. Donc, c'est un travail de modèle vivant. Et je n'ai pas de modèle "vivant" autre que moi à disposition permanente. C'est un choix qui dépasse la question du narcissisme. C'est l'utilité pratique, l'évidence. Je "m'ai" sous la main, et sous les yeux tant que je peux. Alors sur de grandes feuilles -des rouleaux de papier de 10m / 1m50 - je m'assoie , je marche et je dessine, je peins... Je m'assoie, immobile et concentrée sur la pratique académique du dessin. 150 m de dessin...

Or quand je me retire de la feuille, le dessin, lui n'a plus rien d'académique: la projection orthogonale de mon regard est la démonstration d'un point de vue unique. Voir ce que le peintre voit de lui-même, c'est ce que je donne à voir. C'est tout. Et puis, je montre que la paradoxale distance nécessaire au recul du peintre par rapport à son modèle n'est pas indispensable : l'esprit se détache de l'oeil et voit ce qu'il pense.

Mon travail c'est l'histoire d'un modèle et de sa présence.

--------

"Travailler" le nu et dessiner ne m'éloigne pas de la peinture, je peins aussi des paysages provençaux, autre façon de faire corps.

Martine Huet

3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm
3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm

3/12 Rouleaux (papier) 150/1000cm - Possibilité de fragmenter les dessins et de les encadrer - minimum 150/ 100 cm

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 04:48
Céramique / hug Pietrri
Céramique / hug Pietrri

Il faut ...

Il faut dire que j'expose avec Hug Pietri, artiste céramiste, du samedi 25 au mardi 28 octobre 2014 , dans la salle du Lavoir de Gémenos, et puis surtout souligner que la soirée du vernissage, je la souhaite festive et agréable. Vendredi 24 octobre à partir de 18h 30.

J'éprouve une sincère sympathie pour cette artiste, comme chaque fois que j'ai invité un artiste à exposer avec moi ( Roselyne Pissanciel Salle, Jean-Jacques Rigaud, Martine D'Olivo, Biscott, Claudine Bruc...) Atypique, décalée, originale et solide, l'oeuvre de Hug présente sous tous les aspects un savoir-faire doté d'une imagination sans limite qui va je vous l'assure vous permettre un voyage dans le monde poétique et singulier de cette femme; (je souligne que c'est une femme car on m'a demandé récemment qui était ce monsieur "Hug" ;-) .

Il faut dire que ce message fait office d'invitation et que vous êtes bienvenus.

Mais il faut dire aussi ...

Il faut dire que j'ai du mal avec mes rêves, et que je suis sur la terre (au sens figuré).

Il faut dire que je me cache derrière le visible, que je n'arrive plus à croire à l'impossible.

Il faut dire que j'ai l'impression d'avoir perdu une part de moi-même, depuis que je vieillis. C'est comme ça que je ressens les choses.

Il faut dire que cela ne se voit pas car mes peintures ne racontent rien qui puisse révéler ce que je suis.

Il faut dire que je suis sous la peinture. Loin du visible.

Il faut dire que ne sachant pas quoi peindre, je peins ce que je vois. L'apparence est-elle superfi-ciel-le ? Non, pas vraiment ... ou oui, beaucoup.

Mais il faut dire que dans le silence de l'atelier, je me trouve toutes les nuits.

Et j'y reconstruits cette part de soi que la réalité assomme. Je rentre dans l'atelier et peindre aide à en sortir vivante, soulagée, épuisée.

Donc il faut dire que ce n'est pas ce que je peins qui compte, c'est le fait de peindre, je veux dire l'action de peindre.

Donc je peins. Vous verrez.

Martine, Octobre 2014.

H Pietri et M Huet / Vernissage vendredi 24 Octobre 2014
H Pietri et M Huet / Vernissage vendredi 24 Octobre 2014
H Pietri et M Huet / Vernissage vendredi 24 Octobre 2014
H Pietri et M Huet / Vernissage vendredi 24 Octobre 2014
H Pietri et M Huet / Vernissage vendredi 24 Octobre 2014
H Pietri et M Huet / Vernissage vendredi 24 Octobre 2014
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 07:41

 invit-expo-10.13.jpg

"Vivre Doucement"

Martine D'Olivo  / Véronique Benquey

Martine Huet

Vendredi 18 octobre 2013

au PIN  VERT à Aubagne

 

Martine d'Olivo, Véronique Benquey exposeront leurs céramiques

sur les socles aimablement prêtés par les Ateliers Thérèse Neveu

que je remercie.MH 

Présentation:

 

Véronique Benquey (Biscott):

DeuxCrealoin.JPG

J'ai toujours navigué entre la science et les arts, et suis passée de l'un à l'autre à plusieurs moments de ma vie. 

La pratique de la peinture notamment, alternait mon travail scientifique. 

C'est lors d une mise entre parenthèses de ma vie professionnelle que j'ai découvert la céramique. 

Un univers entier s'ouvre à moi. Depuis, j'explore ce domaine. 

L' influence mathématique est là. Cependant, le caractère mesuré de mon travail se nourrit de cette part inhérente à la création : une certaine poésie.

 

Martine D' Olivo:

aaaa.JPG

 

Un besoin de peindre, de m'oublier, d'aller à la rencontre de personnages inconnus, qui, quelque part me sont familiers... 
Mes personnages traduisent mes doutes, mes interrogations... mes peurs.La toile est le support sur lequel mon activité artistique développe ces doutes et ces interrogations. La découverte de la céramique a déplacé mon inspiration. La terre a modifié cet univers mais outre la technique tellement riche de la céramique, les même tensions, les même sujets s'y démêlent.

Peindre ou modeler, ma créativité …

 

Martine Huet:

SAM_9520.JPG

 

«  La reprise d'un même sujet en plusieurs exemplaires » est une caractéristique de l'art moderne . Mes séries s'articulent autour de l'inévitable insatisfaction que connaissent de nombreux artistes, et à laquelle je suis moi-même confrontée. Faire et refaire.

Du coup, j'expérimente, j'essaye, je goûte, je rêve... A cela s'ajoute ce qui est selon moi, une des particularités de la peinture moderne: une certaine part d'inachevé.

***************************

SAM_9564.JPG

 

Mais il faut que je  dise :

 

"Comment peut-on être révoltée par le désastre écologique, la violence de certains actes commis dans le monde, l'injustice que de nombreux gouvernements font subir à leur peuple ou la "montée" du nazisme en europe... et se contenter de peindre des chats, des fauteuils, des "Garlaban" ? Peut-être une sorte de fuite, l'isolement de l'atelier qui m'écarte du monde ? j'ose le dire , dans mes prières, je demande à ce Dieu dont je doute chaque jour si il existe ou pas, qu'il agisse enfin , et qu'il apporte au monde , ce que je recherche dans mes peintures et surtout dans mon atelier: à savoir, un peu de paix et de tranquilité..."
Martine Huet  (01/10/2013)
Quelques réactions:
 
Fred Perrier : 

"Dieu nous a fait futiles pour nous consoler de nos misères" ...si les dictateurs peignaient des chats, nous n en serions pas là (lire "la part de l autre" sur hitler ayant raté sa vocation d artiste d E.E Schmidt)"dieu nous a fait futiles pour nous consoler de nos misères" ...si les dictateurs peignaient des chats, nous n en serions pas là (lire "la part de l autre" sur hitler ayant raté sa vocation d artiste d E.E Schmidt)

Franck Tirel :

Tu cherches la paix et la tranquilité dans ton atelier, que tu transmets ensuite à ceux qui regardent tes oeuvres. Imagine un monde où tout le monde serait artiste, chacun occupé à son chevalet, son appareil photo, son stylo, son piano... Le paradis! Non tu es utile, très utile! Ce n'est pas par l'intermédiaire de Reg'Art que vous avez tous dénoncé les violences faites aux femmes? C'est de l'indifférence ça? On ne peut pas être sur tous les fronts. Tu ne peux pas aller te battre en Syrie, en Egypte ou ailleurs. Ce que tu fais c'est bien! Quant à Dieu... Tu peux toujours t'adresser à lui...Il y a aussi des hommes et des femmes extraordinaires!

Michèle Dupuy:

 A chacun ses plaisirs!! Et toi en te faisant plaisir tu fais plaisir à nos yeux. Non ne se voile pas la face, mais on aime ta peinture, on aime la peinture. Et je préfère peindre une croute que casser du sucre sur le dos du voisin. Cela ne m'empèche pas de participer, d'écouter et d'être révoltée contre la connerie du monde...

 

 

 

 

 

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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 09:15

Le 02/11/2012

Artistes
Art
Sculpter
Chanter
Danser
Jouer 
Ecrire
Peindre
Salle du Lavoir - Gémenos.
J' ai exposé Vendredi 16 novembre 2012 au Lavoir de Gémenos.
 "Garlaban".
Est-ce toujours pareil ?
 
Vous avez le sentiment de faire "toujours pareil"     
Avez vous une réponse à cette question ?
Pourquoi vous faîtes toujours pareil ?
Répondre
 
(ma) question et (vos) réponses 
 
 
 REPONSES (copie/collé mail)
2/11/2012

Je n'ai pas le sentiment de faire toujours pareil, bien au contraire, et c'est même parfois ce qui me fait me poser les même questions que toi, mais à l'envers... comme quoi, c'est pas évident.

Je te réponds quand même, par amitié, car à supposer que personne ne sois dans les mêmes questionnements que toi, tu risquerais de te sentir bien seule non ?

 

Gérard R.

 

Je  pense que si nous avons tendance à faire toujours pareil (même sujet ?) c'est peut-être rassurant dans le sens où cela prouve notre individualité, notre personnalité, de même que notre physique cela nous définit.

En chacun de nous existe un "noyau dur" qui réapparait quoique nous fassions, même si cela nous agace!

Mais, est-ce que avoir un "style" ce n'est pas ça aussi?

Cela permet de nous reconnaître.

Martine P.

 

Faire toujours pareil ...si c'est comme Cézanne sa Ste Victoire.... Ce n'est peut être pas si mal...?

Je le constate aussi, souvent ,à bien y réfléchir ce doit être rassurant de  retrouver au travers de ce que l'on met sur la toile ce qui est au plus profond de nous de fouiller, de rechercher, d'épuiser peur être ce que l'on ne sait pas encore , de découvrir ce qu'il y a de caché derrière... ou bien est ce la piège de la facilité?

 Heureusement, il reste toujours la curiosité pour jouer à l'explorateur.

  Est ce que nous ne sommes pas piégés par l' amplitude de nos gestes,  l'atelier, notre matériel, la lumière, notre lumière nos perceptions elles mêmes .. et tout ce qui nous a construit...changer exige des moyens matériels et mentaux il me semble que si j'étais dans un grand atelier plein de matos de soudure de gravure ou autre du coup je penserais différemment, je ne ferais plus la même chose pourtant il resterait encore que chose qui relie tout ça...

et puis c'est bon de retrouver l'artiste.

Elisabeth M.

 

Moi c'est le contraire, je me demande toujours: ... pourquoi je ne

fais pas toujours pareil!!  Heureusement, il y a Richter.... et une

sorte de logique quand même dans mes "pas pareils" -- mais quand même,

j'aimerais tant faire toujours pareil!!! ça doit être reposant...0

Blandine A.

 

02/11/2012

 

Je ne fais pas toujours pareil !

Par contre, je ne fais pas souvent !

Marianne P.

 

Vu que j'ai du temps car je n'ai toujours pas la place à ton cours, je ne me laisse pas aller. Alors mon objectif c'est de me promener avec mon petit calepin et ma boite d'aquarelle, comme tu me l'avais conseillée à la veille des vacances. Pour les idées, je fais trois paysages « mer », trois paysages « montagne », trois bouquets de fleurs, trois éléments de cuisine. Je m'inspire aussi du cours de Rodia au niveau de la créativité avec du collage marié à la peinture j'ai fait un voilier en mer un sapin de noël des coquelicots géants, des poissons pour la salle de bain. J'ai aidé mon petit fils à la déco d'halloween.

Evidemment c'est pas top mais c'est en forgeant qu'on devient forgeron parait-il?

Jeanine N.

Je ne peins pas assez pour avoir un avis mais à mon sens (tout psycho) on peint toujours pareil pour se rassurer on va vers ce qu'on maîtrise ou qu'on identifie comme une appartenance à notre histoire , toi et le Garlaban, moi et mes portraits.. une autre et les gros nez etc...

On écrit aussi toujours un peu pareil son histoire, sa vie ...la créativité on nous l'impose mais elle n'est pas innée je crois.

Bref, les contraintes sont libératoires mais pour avoir un minimum de contraintes faut avoir un maître qui les donne ou un modèle..

Hélène M.

C'est  vrai chaque jour des le réveil on refait les mêmes gestes petit-déjeuner,sa toilette son lit ses courses la bouffe ses mails à regarder  les coups de fil à donner  la télé pour être au courant heureusement pour les élèves comme moi il y a une fois par semaine "dessin" covoiturage bouffe entre copines et un bon moment avec notre prof, oui mais les autres jours c'est parfois bien long et pourtant la vie  passe très vite. Ce qu'il faut surtout c'est ce réjouir et encrer dans sa tête tous les petits plaisirs même minimes (un sourire,un appel téléphonique un ciel bleu ou gris le soleil 'nous sommes gates en Provence) et surtout toujours garder le moral

Manou

 

Chère Artiste,

Aurais-tu l'intention de nous faire philosopher en ce week-end de la Toussaint. Moi je pense qu'effectivement nous faisons toujours pareil dans tous les domaines, la vie privée, la vie professionnelle, la vie tout court. Si on ne veut pas faire toujours pareil il faut avoir les moyens de ses envies. Sauf que pour nous c'est un peu râpé !! Allez la période est morose dans les coeurs.

A bientôt devant nos toiles. 

Anne-Marie A.

 

02/11/2012

        Depuis que nous te connaissons, tu n'as jamais fait pareil en matière d'art ; chaque année tu mettais en oeuvre une nouvelle idée, un nouveau programme... chaque expo était différente de la précédente, chacun de tes tableaux est singulier - et nous en possédons 4 ou 5 ! Alors ce "Pourquoi je fais toujours pareil ?" doit concerner ce que tu fais en dehors de ton atelier :  boire du thé chez tes copines ou regarder des films à l'eau de rose à la TV ... ou encore à lire (BD) le dernier Titeuf , le dernier Ducobu... ou mieux, lire ou relire un Blacksad, et là, sache que les psychanalystes lacaniens considèrent que la répétition ressortit à la pulsion de mort... Pour autant, les deux pulsions - de vie et de mort - coexistent en chacune et chacun de nous. Lorsque tu es dans ton atelier, c'est la pulsion de vie qui est à l'oeuvre, et qui fait la nique à la mort ! Lorsque tu sors épuisée, de ton atelier, tu aspires au repos, et c'est normal. La mort c'est le repos définitif, mais chaque nuit nous mourrons un peu et cela nous permet de recharger les batteries. Lorsque tu bois du thé avec tes copines, lorsque tu regardes un film, lorsque tu lis, c'est comme si tu flirtais aussi avec la mort, sauf que tu vis toujours, mais d'une autre façon, de telle sorte également que tes forces te reviennent.

La mort définitive, c'est un redémarrage à zéro, avec une énergie toute neuve, un corps tout neuf, un cerveau tout neuf ; mais le plus tard sera le mieux car la vie est belle et l'on veut la vivre intensément jusqu'au bout, tant qu'il nous reste un tant soit peu d'énergie, non ?

Christian S.

Je pense qu’on ne fais pas toujours pareil car on avance et évolue toujours, même si parfois on fait des erreurs, mais ce n’est pas grave! 

Hoa 

Une réponse à ta question, comme ça sans trop réfléchir plus que ça.

Si on fait toujours pareil c'est peut être pour aller au bout de quelque chose ?

Ou bien passer par le même thème, le même objet pour appréhender le monde dans sa monotonie et en même temps dans la variétés de ses multiples monotonies ?

Expérimenter le toujours même et pourtant toujours différent ?

Ou bien parce que l'objet répété est finalement le plus important, l'essentiel disons, même si on ne comprends pas pourquoi ?

Il y a sans doute des milliers d'autres réponses possibles...

 

Solange N.

 

Faire toujours pareil et seulement toujours pareil

 

Et voilà la réponse : non , je n'ai pas l'impression de faire " toujours " pareil . Et je vais répondre quand même ................

Quand rien ne va plus , je vais à Emmaüs ou encore sur un vide grenier  si j'achète une babiole , pour n'employer que ce mot .....je me mets à gamberger  , à le transformer , à le recycler , ce peut être un objet , un bout de tissu , une photo , un bout de ficelle ,un livre  c'est comme si je passais un après midi dans un grenier avec tout plein de malles à ouvrir , et puis je me balade aussi et toujours avec un appareil photo et me fait des albums , je vais t'en envoyer un pour que tu aies une idée de mon "imaginaire " et puis j'écoute du flamenco parce que je suis Fan ; j'avais un professeur de flamenco qui m'a dit un jour (ça me fait un peu penser à ce que tu me dis ): " je me demande à quoi sert se que je fais ? : passer ma vie à taper du pied "........"Hé bien c'est une femme extraordinaire lorsqu'elle tapait du pied pour nous c'était du bonheur à l'état pur , pendant ses cours nous étions tous sur un nuage et nous tapions du pied aussi , c'était une bulle dans l'espace temps et cette bulle je la porte encore , elle m'a fait aussi  découvrir des cantéors , des musiques  et des danseurs  que je n'aurais jamais rencontré sans elle et c'est bien et  puis je vais aussi  faire un tour dans mon épicerie  chinoise préférée : ou comment voyager en restant sur place et finalement  quand rien ne va plus du tout  je mets un tablier et m'installe  en  cuisine ..........

J'étais hors sujet , et j'en suis désolée .

Danielle C.

 

Moi, je ne fais pas toujours pareil mais ce n'est pas génial pour autant.

Rose P.

 

Je n'ai pas l'impression de faire toujours pareil en plus je ne suis pas artiste. Je ne crée rien. Oui, j'écris et alors c'est vrai c'est un peu pareil. ça doit vouloir dire qu'un style s'attache a nous et qu'on a du mal à explorer des pistes nouvelles, ça veut dire aussi qu'on a des thèmes qui nous collent à la peau des obsessions c'est comme ça… Les plus grands créateurs les grands artistes  le sont devenus pcq ils avaient une obsession  une seule et un seul style  qu'ils ont creusé  sans cesse et sans cesse. Ils ont bien du avoir des periodes de découragement. Néanmoins ils étaient conscients de porter qq chose en soi. On est en qq sorte esclave de cette chose en soi comme tu dis aller à l'atelier est difficile, mais ce gouffre dans lequel tu t'engouffres, il te fait vibrer quand même il t'a rendue vivante,non ?

 

Isabelle G.

 

03/11/2012

 

« Faire toujours pareil » ce n'est qu'une impression

car à mon avis chaque fois est différente et enrichissante.

Et quand bien même on devait faire la même chose on a

la chance de pouvoir le faire.

Claude D.

 

Je ne sais pas.

Si je savais pourquoi, peut-être ne ferais-je pas toujours pareil ?

C'est une sorte de programmation, quand on se rend compte qu'on fait toujours pareil il est parfois trop difficile de reprogrammer du "pas pareil" ...

C'est un peu pour moi la signification de "chassez le naturel, il revient au galop". Il faut des éléments perturbateurs pour que ça change mais ils ne sont pas toujours salvateurs.

Le "pas pareil" à mon avis demande du temps passé avec soi, vraiment, dans le but de le passer avec soi par envie de découverte et pas pour un résultat.

Voilà ma réponse.

Et puis, tout de même, notre "toujours pareil" c'est vraiment nous, ce qui nous définit. Et oui.

Laurence W.

 

On reconnait un peintre à sa patte et cela fait partie de sa personnalité  et de son tempérament...

Michèle A.

 

Yé pense qué pitêtre c’est parce qu’on a éprouvé du plaisir et qu’on veut  le retrouver ?

Voilà ce k moi j’y pense...

Quel est le rôle de l'habitude dans la vie?

Elle nous permet de conserver le passé, ce qui est une condition essentielle du progrès. C'est grâce à elle que nous pouvons aller en avant sans avoir besoin de revenir sans cesse en arrière.

Josiane T.

 

04/11/2012

 

On fait toujours pareil, mais en créant on trouve d'autres solutions. Mais pour ma part, je ne change pas trop de style car je suis convaincue que c'est ma forme d'écriture. Lorsque j'essaie de faire tout autre chose, ce n'est plus ma personnalité et je ne me reconnais plus.

En résumé, je suis comme toi, et de plus il y a des périodes plus dynamisantes que d'autres et il faut toujours se donner des coups de pieds aux fesses pour sortir de nouvelles idées. Et là tu nous a posé une autre colle avec ton nouveau sujet (Reg'Art)...D'ailleurs, il va falloir que j'y songe sérieusement, les mois défilent vite.

 

Marie-Do P.

 

 

j’ai l’impression de faire toujours pareil : des corps toujours des corps ! Et surtout la même façon de peindre, mais c’est peut-être normal ...

Par contre, Reg’art m’a ouvert d’autres voies, du moins des sujets qui m’intéressent et m’obligent à faire autre chose, ce qui n’est pas toujours facile, mais me poussent vers d’autres directions ; j’ai été passionnée par le sujet 2012, et ai fait plusieurs tableaux sur ce sujet.

Mais je te rassure, je ne pourrais pas être tous les jours dans mon atelier à peindre, j’ai des périodes de grands creux qui peuvent durer plusieurs semaines.

Eve J.

 

« Pourquoi je fais toujours pareil ? »

 

J'ai peu de recul avec mes 4 toiles mais je le sens déjà. Pourquoi ?

Je pense que l’inspiration m’aspire au plus profond de moi, ou du moins au plus profond que je puisse aller pour le moment. Peut être que je pourrais creuser encore un peu plus, je ne sais pas… Je peins sans doute ce que je suis. Je crois que tout vient de mon enfance, l’âge fondateur où tu engranges ce que te donne la vie, de bien, de moins bien et que tu mets dans un coin de ta tête, de ton cœur, et que ta sensibilité transforme peut être, je ne sais pas, et te restitue …ce qui fait l’homme que je suis maintenant.

J’appelle mon premier tableau « Not another », « Pas un autre ». Par jeu, par pudeur, je l’écris, ce qui ne veut rien dire « Noto, neuf heures ».Mais c’est MOI.

Pour les écrivains, je pense que c’est pareil. Dans tout récit, il y a une part d’autobiographie.

Alors je pense que si ta démarche est sincère face à ta toile, tu y mets ce que tu es fondamentalement. Dans son dernier bouquin, Dominique Ané parle de l’importance extrême des paysages qui l’ont entouré et qui l’ont construit. Toi c’est le Garlaban, ton rocher.

Quand tu peins, je pense que tu le veuilles ou non, tu te racontes, tu racontes toujours la même histoire, avec quelques variations mais c’est fondamentalement la même. Tu fais toujours la même chose oui… Inévitablement à mon sens.

Tu peux innover, vouloir faire autre chose mais si tu n’y mets pas ton cœur, tes tripes, même si la technique est géniale, ça passe mal. Tu t’emmerdes et t’emmerde le « spectateur ». Tu as perdu ton identité, tu t’es perdu. Et tu te retrouves… en refaisant… toujours pareil… !

L’artiste est sans doute égoïste et égocentrique non ?

 En amont, une autre question : POURQUOI PEINT ON ?

 

Franck T.

 

 

Je fais souvent "encore toujours pareil"... parce que:

 - je manque de créativité

- je ne me confronte pas assez souvent avec d'autres gens

- mais surtout j'ai une paresse intellectuelle, je me laisse guidé par mon cerveau qui

me conduit au plus facile ,c'est à dire vers ce que je sais faire, je lutte mollement

puis lâchement je capitule pour me satisfaire provisoirement de mon confortable petit

...parce que je ne jette pas mon travail lorsque je vais ENCORE vers ce que sais faire. 

Alors, et seulement pour ce qui me concerne........je n'ai pas le besoin absolu de créer chevillé au corps.

J'ai un vrai plaisir à me nourrir de ce que je trouve dans les expos. 

Je n'ai rien de neuf à apporter à la peinture 

MAIS,mais je garde un vrai plaisir … parfois... à faire un truc

même modeste si JE le trouve original.

L'art, me semble-t-il, n'est plus basé sur l'émotion (depuis le cubisme? )

mais sur l' intellect... comme à partir de là, je ne suis plus en mesure d'avoir un discours bien étayé, alors je retourne peindre le Garlaban.

Roger B.

 

Faire toujours pareil : on appelle cela "le style".

Fred P.

 

En ce qui me concerne, j'essaie de ne + "faire toujours pareil" dans les couleurs.

(je vais essayer de mettre autre chose que du turquoise!!) 

Isabelle F.

 

 

05/11/2012

 

Toujours pareil, ça veut dire toujours de la même manière ?

 

Comme une manière de parler, de rire, de pleurer, de chanter, de regarder, de sourire ou de peindre....C'est en toi .

 

Lili L.

 

Pour moi impossible de faire pareille

Et c est plutôt mon souci

J ai besoin de renouveau de toujours essayer autre chose autrement en peinture et dans la vie comme en cuisine.

J ai du mal à refaire même un tableau ou style que j aime.

Jeune j étais dans un atelier bande dessinée.

L horreur au bout d une page: mes personnages me lassaient !

Et ils changeaient, involontairement !!!

Bref, pas pour moi l illustration me convenait plus :

Tout dire en 1 seule image et après on change …

Par contre, j ai des thèmes récurant quasi obsessionnels,

Que je ne peux oublier mais des nouveaux apparaissent tjs

Impossible de rester sur un seul à la fois

D ailleurs je travaille plusieurs tableaux aux styles différents dans la même journée.

Dans ton atelier tu n arrives pas à trouver ces moments extases de création où tu ressors en te sentant accomplie aussi ?

Et en passant j'ai plus de plaisir dans mon atelier qu'autour d un thé ... Bouh je me sens un peu asociale...

Au plaisir de partager ton ressenti

Vive l art et l art de vivre

ValérieC. 

Faire toujours pareil chez nous c'est écrire nos émotions, notre peinture, avec le même alphabet celui qui nous est propre et que nous avons créer, celui qui nous convient en fait, alors!! pourquoi cette question qui pose problème ? la est la vrais question...change ton alphabet s'il ne te convient plus.. gros bisous, et laisse ta tête réfléchir en paix.. Sereinement...

Roger F.

        On fait pareil, ou on fait la même chose?

Chaque chose est unique, mais seul le modèle reste le même.

Comme tous les êtres vivants, nous sommes fait pareil.

Et pourtant nous sommes uniques à des millions d'exemplaires....

Michelle B 

Hé ma belle  !

Que penses tu de toutes celles et ceux qui aiment travailler sur des séries ou des thèmes. N'est-ce pas là  une forme de répétition de refaire ou défaire toujours la même chose ?

Mais tu ajoutes dans ton mail une sorte d'autojugement critique tinté de nostalgie... Courage ma chérie. On est bien fragile quand on est créateur et la pire des critiques est notre propre regard!

Faut pas que ça nous empêche de continuer  ... Dans un sens, dans un autre et on recommence.

Danielle L

 

Est-ce qu'avant tu prenais conscience de faire toujours pareil?


Si non ce n'est plus pareil.


Si oui, à peine marier t'es devenue une vieille

fille qui radote toujours la même chose.



C'est ce que je me dis avec le mariage en moins.

 

Bertrand B

 

Bien sûr qu'on fait toujours pareil car ce n'est pas facile de se changer même quand on connait ses tares! Conditionnés par nos gènes et par l'historique familial, difficile de sortir de notre programmation interne, que l'on soit artiste ou pas! Quelquefois, je ne supporte pas ma mère car en la regardant je vois toutes mes tares, c'est sans doute ça la reproduction! Dieu merci, Emmanuelle semble avoir échappé à la chose malgré une emprise maternelle importante, donc on doit pouvoir s'en sortir! A moins que cela vienne plus tard! Sigmund, au secours!

Fred m'a dit qu'il pénètre dans sa voiture tous les matins à la même heure pour aller au boulot: 6h53, me semble-t-il. Quand il s'en est rendu compte ça l'a interpelé et pourtant il était déjà conscient de ses automatismes matinaux!

Comme le disait une nénette dans un film qui se passait dans un salon de beauté (Vénus beauté?)en parlant de celui qui la trompait allègrement : "Mon mari n'aime pas le changement".Et le pire c'est qu'elle disait vrai! Trop dur l'inconscient, mieux vaut ne pas trop réfléchir!

Mireille D

 

Ben moi c'est le contraire je suis incapable de refaire un truc que j'ai déjà fait et c'est pas mieux.

Bon on refait tous les mêmes choses sans même sans rendre compte, c'est humain. On est naturellement partisan du moindre effort mais on est également rassurer en faisant la même chose.

Je crois plutôt à l'exemple des musiciens qui reprennent 100 fois le même morceau à la recherche de la perfection que tu as commencé une gamme dans laquelle chaque avancée devient de plus en plus difficilement perceptible.

Voilà en musique, je peux te dire qu'on répète toujours les morceaux méthodiquement, comme un robot parfois, quelquefois au bord de la lassitude tant on a l'impression de faire la même chose et puis un jour alors qu'on a l'impression d'avoir joué comme les 999 fois d'avant, tout se met en place et c'est génial.

Agnès F.

 

08/11/2012

Pourquoi je fais toujours pareil? Bonne question. Peut être parce que je ne sais faire que cela. Des têtes toujours des têtes!!!

Ma réponse te convient elle?

Hug

09/11/2012

 

Bravo pour ta nouvelle expo qui a dû te donner pas mal de boulot et efforts à accomplir ..quant à la question , c'est un vrai sujet de philosopie qu'énormément de personnes (dont moi meme) ont un jour ressenti ..nos idées et créations sont enfouies au plus profond de nous memes de part notre petite enfance, notre éducation et tout devient peu à peu "mécanique" certains s'en contentent , sont ravis de ce qu'ils font "mécaniquement" toute leur vie ,et disent "ça ne s'use pas ce n'est pas du savon ...." mais comme tu t'intéresses à ce que font les autres, tu as souvent le désir de changer ton comportement , tu te poses la question ... et il faut alors se remettre en question, chercher et encore chercher , mettre à plat les points à améliorer pour éviter "cette souffrance" il y a toujours des points de retour possible à condition de réaliser, les comportements à changer.
Il est bon de puiser des idées dans la vie de tous les jours, de les noter, de faire de nouvelles expériences, faire une chose pour la première fois est bien plus amusante que de "refaire" trouver de nouvelles matières, trouver de nouvelles idées et s'en défaire dès que ça devient "mécanique" Prendre un même trajet tout au long de l'année pour aller travailler, alors qu'il serait plus intéressant de temps en temps de prendre des chemins différents. On est plus attentifs plus réceptifs aux nouveaux détails lorsque l'on s'oblige a faire différemment ..A. Einstein disait : la définition de la folie, c'est de faire toujours la même chose et s'attendre à un résultat différent 
Simone J.
 

11/11/2012

 

Pourquoi on fait toujours la même chose? 

 

- Parce qu'on est habité par un monde qui s'est formé dès l'enfance, où les images qui nous ont frappé et marqué finissent par créer un univers; mélangé à l'affect, ça donne une histoire intérieure qu'on se raconte à l'infini.

 

- C'est une histoire qu'on aime (ou qu'on déteste c'est selon). ..Peut-être Notre Histoire, mise en forme et en couleurs.

 

- Peut-être parce que nous sommes trop timides, pas assez gonflés, pour être des pilleurs. Les artistes qui sont donnés comme exemple, pour s'être renouvelés, était des pilleurs (Picasso par exemple). 

Un pilleur, c'est celui ou celle qui fait feu de tous bois, toujours à l'affût. Il (elle) voit le travail d'un artiste qui lui plaît? Immédiatement, il reproduit, pompe, jusqu'à digérer la technique et l'univers d'un autre , afin de mieux se l'approprier pour enfin, les mélanger à son style et en sortir quelque chose de nouveau, qui avance. 

La plupart d'entre nous n'osent pas faire cela. Et pourtant, quand on regarde à travers l'histoire de l'art, on ne trouve que ça. C'est le processus même de "l'art en marche". 

 

Alors on répète...

< ...>

Il y a encore la répétition inconsciente: un artiste fait une série de... qui marchent très bien, qui reçoivent un très bon accueil du public. Consciemment ou non, il va chercher à maintenir ce lien entre le public et lui-même (être aimé, apprécié), ce qui lui évitera la prise de risque que représente une nouvelle exploration (le désamour).

 

Peu d'artistes se renouvellent, et c'est vrai dans tous les domaines. Les écrivains écrivent souvent le même livre et un seul (livre) d'entre atteindra peut-être la postérité. Et ainsi de suite.

 

Nicole A.

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 06:06

SDC16165

28 Le 06.08.2009 avec Nicole Agoutin matin

 

L'atelier est dans l'appartement. C'est une grande pièce au rangement organisé. Un tas de bois flotté. Il fait beau, on s'installe sur le balcon. Elle a les cheveux rouges et une robe verte. Association de complémentaires.

Je m'en réjouie. Elle a dit: «  C'est très particulier le portrait. » Je ne sais pas si c'est difficile ou facile. Ce qui est certain, c'est l'indéfinissable source de plaisir au contact du modèle. Il faut l'écrire : elle a de belles paupières. Elle me montre un christ en bois, long, élégant, judicieusement inventé. Ses personnage en bois flottés, c'est de la poésie à l'état pur. Je lui colle un chapeau de bois !

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 13:46

 

 

SDC16359.JPG

 

51 Le 31.12.2010 avec Muriel Auzias

 

L'atelier. C'est dans le jardin. C'est là qu'elle travaille et donne ses cours d'arts plastiques. Elle a dit : «Partout où je vais, je prends en photo les arbres, n'importe quel arbre.» Elle colorise ensuite ses photographies, pour se les approprier, se les fantasmer. J'ai beaucoup de mal à saisir la douceur de son visage. Je me rends compte que je manque d'entraînement ! Mais le plaisir est intact. Dorénavant je vais faire un portrait par an . Celui ci  marque ma cinquante et unième année. (Est-ce comme ça que ça s'écrit ?)

 

 

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 08:06

Armand

29 Le 06.08.2009 avec Arman Wirgin après midi

 

L'atelier. Est ce le bureau ? J'ai pas très bien compris où il travaillait. Ce que je sais , c'est qu'il prend en photo des montages délirants de photos et d'images froissées. Rien n'est collé. Pourtant, c'est du collage. Visages. Ses personnages deviennent objets et ses objets, des personnages. Il m'offre un de ses collages. Je suis très contente. Je n'ai pas de mal à le dessiner. En regardant mon carnet de dessin, il a dit : « Y' a rien là dedans ! » C'est vrai. Quelques fois, les heures passent, douces, légères, pourtant pleines d'énergie et de lumière.

Là.

Ses heures, là.

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